En finir avec la défiance systématique à l’égard d’autrui, l’ironie pathétique, le second degré branché, les poses rebelles adulescentes, les prétentions artistiques, et le second degré bidon qui nous placerait au-dessus de tout. Réfléchir, détourner, pirater, sampler, affûter son sens de l’analyse, retourner la balle à l’envoyeur, aiguiser son regard, canaliser sa rage, apprendre à ne plus prendre les vessies pour des lanternes, résister, se mettre en danger, faire face, relever la tête, répliquer, lutter, se battre.
Vous pouvez visiter les archives de 2006 à 2008 de notre ancien blog.
Ces questions de construction ont beaucoup progressées depuis la rencontre, il y a un an, avec Denis Bourgeois, le directeur du Créadoc d'Angoulême, et touchent également les ateliers d'écriture et les projets de romans que mènent Astrid et Lionel à l'extérieur de Terrenoire.
Défaire ce qui a été patiemment assemblé est toujours un peu angoissant... Parallèlement à ce travail nous avons opérés à plusieurs reprise la même approche sur "La fin du collectif". Les deux projets peuvent être très forts, à l'arrivée, mais il faut trouver un fil conducteur évident, qui fera une place immédiate au lecteur/spectateur.
Lors du pré-montage réalisé il y a un an, nous avions composé des séquences par intervenant. Aujourd'hui, nous éclatons ces séquences pour les ré-assembler autour de questions rattachées à une question dramatique centrale. Est-ce que cela marchera ?
Comment construire une structure à partir de 60 h de rushs, qui se divisent entre la progression chronologique d'une série de performances réalisées durant "Chantier d'artistes", une manifestation ouverte aux créateurs de la région nantaise, des interviews d'une douzaine de collectifs d'artistes, et une vue en coupe du Lieu Unique ?
Depuis deux ans, nous consacrons beaucoup d'énergie à travailler sur les structures narratives (le projet Les ordinaires et l'expérience Socio vont dans ce sens là.) sur le documentaire en cours, nous essayons donc une approche différente de nos films précédents.
Monter un doc, c'est comme assembler un gigantesque puzzle : il y a des moment où l'on avance réellement et des moments de grand désespoir, où l'on se dit que l'on n'en verra jamais le bout.